dimanche 6 mars 2011

Aventure en voilier sur l'Esprit d'équipe - Partie 1: le Cap Horn

Comment vous raconter l'expérience que j'ai vécue à bord de ce voilier, l'Esprit d'équipe, les émotions ressenties, les paysages à couper le souffle? Je vais faire de mon mieux pour vous embarquer dans ce voyage dans le voyage...

Le 13 février en fin d'après midi, je débarque avec mon gros sac à dos sur le ponton. Les autres équipiers sont déjà là. Pour ce voyage, nous sommes 8: Thierry et Carole, le skipper et la skipette, Léo, le second qui réalise son rêve en naviguant ici et 4 équipiers en plus de moi: Anne et Jacques, couple de retraités, Lorenzo, retraité également et Aurélien, expat à Buenos Aires. Tous rêvent du Cap Horn, mythique pour les navigateurs.



Premier Pisco Sour sur le bateau, puis on fait connaissance en dinant dans un resto à Ushuaia, puis 1ère nuit à bord: ca bouge un peu pendant la nuit, Thierry sort pendant une heure pour vérifier que tout va bien sur le bateau. Moi, ca me berce et je passe une super nuit! D'autant que Lorenzo et Aurélien ont été galants et m'ont laissé une cabine pour moi toute seule! Quel luxe après les dortoirs et la tente!...

Le voyage commence par de la paperasse: le Cap Horn et les canaux sont Chiliens et Ushuaia en Argentine. On doit donc sortir d'Argentine à Ushuaia et entrer au Chili à Puerto Williams, à quelques heures de navigation.


Première manœuvre au départ d'Ushuaia: enlever les pare-battages et plier la jupe c'est dans mes compétences! Première navigation jusqu'à Puerto Williams: tranquille, j'en profite pour rattraper le retard de mon journal de voyage. 







L'arrivée à Puerto Williams est superbe et je découvre les dientes de Navarino... Des montagnes qui pointent vers le ciel comme des canines acérées.





A peine arrivés, direction la douane pour entrer au Chili et déclarer le trajet que nous ferons jusqu'au Cap Horn.
Ensuite, quartier libre dans Puerto Williams, petit village aux maisons de tôles colorées. Des chevaux sont en liberté, mais ils s'écartent dès que j'essaie de les approcher, un peu sauvage.


Premier diner sur le bateau: steak flambés au whisky et pommes de terre sautées: merci Carole! Le voyage sera en partie rythmé par les repas. Quelques menus pour vous faire saliver: centollas, moussaka, tourte aux fruits de mer, poisson au four, lomo au barbecue, asado dans la pampa... Autant dire que je ne risque pas de mourir de faim sur le bateau, et c'est tant mieux!

On fini la soirée par un verre sur le Micalvi. Le Micalvi, c'est un navire Allemand qui est venu livré du matériel en 1914 au début de la guerre. L'équipage est reparti et le bateau est resté. Après avoir longtemps était utilisé par les Argentins, il a été reconverti en ponton à Puerto Williams.
Je profite d'être au port pour prendre une bonne douche chaude et au dodo!

Départ dès que Paradise, le bateau accouplé au notre, a fini ces papiers. Navigation tranquille, on dépasse Puerto Toro, le mouillage initialement prévu pour aller jusqu'à Lenox. 

L'épave de l'EBE
                      


Les gigots pour l'asado

Les dauphins viennent jouer autour du bateau. Il sont 6 ou 7 à sauter d'un coté du bateau, passer de l'autre: ils nous offrent un super spectacle!





 



Il fait beau, mais on aperçoit un grain au large.: tonnerre, éclairs... Le premier passe au loin, mais le deuxième et le troisième seront pour nous.

Je me cale derrière Thierry qui est à la barre. Ça secoue pas mal, il n'y a pas beaucoup de fond, mais Thierry est super calme, concentré, ça rassure. N'étant pas navigatrice, je me contente de me faire toute petite et je prend les vagues en pleine face: ça fouette! Carole me fait signe de rentrer, je m'exécute. Léo attrape les harnais et gère la manœuvre sous les directives de Thierry.

Aussi vite que cela a commencé, tout se calme et on retrouve les dauphins qui sont toujours auprès du bateau.

Arrivés au mouillage Lenox, seuls des bateaux de pêche sont ancrés. Léo part avec l'annexe pour troquer vin et chocolat contre des centollas. Et ça marche! Comme dit Thierry, avec sa gueule d'ange, ça marche à tous les coups! Les centollas, se sont les crabes géants qu'on ne pêche que dans cette région.




La cuisson démarre: 1 ou 2 maximum par cocotte, plus ça ne rentre pas! Une centolla par personne, on se régale: c'est divin. En plus, on a des restes pour faire un soufflé le lendemain (quand je vous dit que les repas rythment nos journées!).



















Mercredi, réveil à 6h15: beaucoup trop tôt, on a dit vers 7h!
A 8h, j'entends du bruit du coté de la cuisine: quelqu'un a encore mal rangé la queue de la casserole... Petite routine avant le démarrage de la manœuvre pour le départ. On remonte l'ancre, mais ça se bloque: problème de relai « guideau » il parait... La réparation sera pour plus tard, on se met les un derrières les autres et on fait un peu de gym de bon matin et remontons l'ancre à la main.

Ça secoue ce matin: il fait beau mais il y a des creux et c'est la seule fois où j'aurais un peu le mal de mer, mais rien de méchant. Cela ne m'empêche pas de déjeuner (on m'a dit qu'il fallait manger dans ce cas là) et de faire une sieste. J'en déduit que la mer, ça creuse et ça fatigue!

La mer étant trop mauvaise pour passer le cap Horn aujourd'hui: mouillage au Martial.On part se balader à terre. Évidemment, ce n'est pas balisé et on complique un peu la balade! On finit par une vue magnifique sur les bateaux dans le mouillage.

















Ces deux semaines de voilier sont l'occasion d'apprendre un nouveau vocabulaire. Dans le désordre: trinquette, génois, garde, traversière, pare-battages, tour mort, demi-clef, winche...



Jeudi, j'ouvre un œil et découvre un ciel gris et j'entends le vent souffler assez fort. Pas la peine de se lever pour le moment! Pas moyen de passer le cap Horn dans ces conditions, la journée passe tranquillement.


A 17h, branlebas de combat: Thierry nous indique qu'il y a un créneau pour passer le Horn aujourd'hui, le vent a molli, mais il faut partir maintenant. On s'active!
Les dauphins nous accompagne à nouveau et on passe le Horn très calmement. C'est amusant de voir ces soixantenaires, les yeux qui pétillent comme des enfants lorsqu'ils aperçoivent ce caillou mythique. Et que dire lorsqu'ils prennent la barre! Pour moi, ce n'était pas un rêve, mais ça ne m'empêche pas d'avoir les yeux qui brillent aussi lorsque je réalise que j'ai passé les 50emes hurlantes.







Carole nous prépare des toasts au foie gras pour fêter ce passage!



La lumière est belle, je me sens bien sur le bateau: que demander de plus, les glaciers peut-être? Et oui, mon rêve à moi c'est d'aller voir les glaciers avec ce voilier. Maintenant que le Cap Horn est passé, on va pourvoir aller dans les canaux Chilliens et ça aussi, ça fait briller mes yeux rien que d'y penser.

Mais tout d'abord, il faut rentrer au mouillage. 20H, le vent a molli, on range les voiles et on démarre le moteur. 20H45: panne de moteur: le gasoil argentin est de mauvaise qualité et il faut nettoyer les filtres. Aurélien et moi surveillons le cap (enfin, on regarde l'horizon et on vérifie qu'il y a pas un rocher trop près), heureusement, la mer est calme et seul le froid nous incommode.

Il fait nuit quand nous arrivons au mouillage et la lune reste cachée derrière les nuages. Cela n'empêche pas Thierry d'arriver droit sur la tonne.

dimanche 13 février 2011

Ushuaia

Ça y'est, après 13h de bus, j'arrive à Ushuaia: le bout du monde, un mythe.

Il pleut, le bus s'arrête à coté d'une station service en face du port de cargo: bof... Pas vraiment l'image que j'avais en tête.

Je pars à la recherche de mon hostel: FreeStyle, recommandé par plusieurs voyageuses rencontrées sur la route. Et c'est vrai qu'il est top cet hostel: grande salle commune avec gros canapés, salle télé, café à dispo, super petits dej, salle de bain nickel et bons matelas! Ca fait du bien de se poser dans un endroit sympa.

Une journée dans le bus, c'est long!... Je prend une bonne douche et décide de m'offrir un bon resto pour me réconcilier avec Ushuaia. Un risotto de la mer accompagné d'un verre de Sauvignon: ça va beaucoup mieux!
Ayant dormi dans le bus, je profite de ma forme pour écrire mon blog et fini à 3h du matin...

Debout à 9h du matin le temps est superbe. La température va monter à 25°, les locaux n'ont pas l'habitude... Après un solide petit déjeuner, je pars arpenter le port à la recherche d'un voilier qui partirai sur les glaciers. 




















Je croise beaucoup de skippers, des français surtout, mais leurs bateaux sont complets ou ne partent pas.
Et puis, je rencontre Noël qui voyage sur son voilier depuis 10 ans qu'il est à la retraite. Il est sympa, on discute. Ça fait 2 ans qu'il était au Chili, période maximum pour un voilier. Il est venu à Ushuaia pour faire les papiers qui lui permettront de retourner au Chili. Il n'a pas vraiment de plan, mais mon enthousiasme le séduit et il réfléchi à partir sur les glaciers avec moi. Pas moins de 2 semaines pour lui sinon ça vaut pas le coup de partir! Rendez-vous le soir à l'apéro pour discuter et voir si nos caractères sont compatibles! 15 jours en mer dans un espace confiné, il vaut mieux passer un peu de temps avant pour voir.

L'ambiance est très sympa sur le port. Je rencontre des turcs qui me dise qu'un de leur ami français veut partir et cherche une équipière, je laisse mon mail. En fait, il part vers Puerto Montt, soit environ 2 mois de navigation: trop pour moi!

Je rencontre aussi Léo, le second de « L'esprit d'équipe », un charter comme ils disent. C'est un voilier, mais ils ont un programme de croisières établi pour les touristes. Une autre option si ça ne colle pas avec Noël.

En rentrant à l'hostel, je passe dans la rue principale où je relève 2 nouveaux défis: 1 tour Effeil et 1 boule à neige (j'ai pris le petit format pour ne pas trop m'alourdir. Pas de photo, je garde le suspens pour Stef!)...
























La vue sur la baie est magnifique!















Au retour, on croise un petit renard mais je ne suis pas assez rapide pour le prendre en photo (désolé Adam).

Retour en ville en stop: on est 4, mais la première voiture qu'on arrête nous prend tout de suite. Un couple hyper sympa qui prépare le maté en écoutant le match Argentine / Portugal. Ils nous donne le résultat de France / Brésil et font tourner le maté comme le veut la tradition Argentine. Je suis dans la quatrième dimension: entassé dans une petite voiture à 4 à l'arrière en train de gouter le maté pour la première fois! C'est amer et très spécial, mais j'aime bien.

Arrivée à Ushuaia, le temps de prendre un paquet de chips et je pars sur le port prendre l'apéro avec Noël. On s'entend bien, l'apéro se transforme en diner sur le bateau. Le vent se met à souffler assez fort et à 22h30 il est temps de rentrer. La soirée s'est hyper bien passée! Le voyage en voilier prend tournure! Rendez-vous vendredi pour discuter du départ.

A l'hostel, je retrouve Julie, Chloé et Martin qui rentre de leur excursion en bateau et m'attendent pour aller au pub! Vamos!
C'est la dernière soirée des filles à Ushuaia, demain départ à 5h vers Punta Arenas. On veille jusqu'à 4h du matin pour qu'elles ne ratent pas leur train, heu non bus (n'est-ce pas Chloé:-)...
Une bonne soirée, mais je suis crevée quand je trouve enfin mon lit!

Surprise le matin suivant au petit dej (oui, j'ai quand même réussi à me lever à 9h30): Eva et Jo sont arrivés à Ushuaia!

La journée est magnifique et on décide d'aller se balader au Glacier Martial. On monte à pied et prévoyons de redescendre avec le télésiège. Le glacier n'est pas très impressionnant, mais la vue est superbe. On se trompe de chemin et on se retrouve dans les cailloux avec un bon dénivelé en descente: pas top pour mon genou... Évidemment quand on revient, le télésiège est fermé!...


















Plat de pâtes et dodo à 23h, j'suis vannée.

Il fallait que ça arrive, en ce vendredi, le temps n'est pas de la partie et je découvre les 10° max d'Ushuaia. Direction l'ancienne prison reconvertie en musée de la marine, musée d'art... C'est sympa, je retrouve les histoires de navigateurs et celles de naufrages lus depuis mon départ (merci Olive pour le bouquin). Pas super rassurant quand on décide de partir 2 semaines sur un voilier! Visite de la prison, petit tour au musée d'art moderne et sa collection de pingouins!







En sortant, il y a beaucoup de vent, il fait froid... Anne ainsi que Noël m'ont parlé d'une pâtisserie française: Eva et Jo adhèrent tout de suite à mon envie de chocolat chaud! Un mille feuille avec ça, le top.





Il est temps pour moi de retourner sur le port pour organiser mon départ.

Grosse déception en arrivant, Noël n'a pas réussi à arranger ses problèmes administratif et il est bloqué pour une semaine à Ushuaia... Du coup, il a parlé de moi à Thierry, le skipper de l'esprit d'équipe qui est justement en train de faire une manœuvre. Léo me demande d'attraper la traverse arrière: la quoi???? Quand Thierry me lance une corde, je comprend enfin!
Je monte à bord, Léo fait un café, je visite le bateau (www.espritequipe.com), on discute tranquille... C'est vendu, je pars lundi avec eux. Première nuit à bord dimanche, l'occasion de faire connaissance avec les autres passagers: nous serons 8 en tout.

Sur le chemin du retour, je fais des courses pour mon diner et achète une bouteille de vin pour fêter mon départ en voilier avec Eva et Jo. Soirée jeu où nous faisons la connaissance d'Annah et Kay qui voyagent pour 2 ans si tout va bien. D'autres se joignent à nous et on fini à plus d'une dizaine!

A nouveau une belle journée sur Ushuaia. Nouvelle balade, direction la « laguna Esmeralda ». Après 20 minutes de collectivo et 1h30 de marche, je découvre enfin la laguna. Un vent terrible balaie les environs et je ne m'attarde pas trop.

Mais ca valait la peine, la balade était superbe et la laguna aussi. Seul hic: pour y accéder, il faut passer dans des tourbières où je ne manquerai pas de m'enfoncer jusqu'à mi-mollet. Ça me rappelle une balade cet été... Au moins, cette fois, il n'y a pas de vaches!




















Dernière soirée avec Eva et Jo qui prennent un avion pour Buenos Aires demain, on se fait un resto de viande. L'occasion de parler un peu espagnol avec le serveur. Ces derniers temps, j'ai surtout pratiqué mon anglais et sur le bateau, tout le monde sera français.

Aujourd'hui, on est dimanche. Je profite de la journée pour réserver un vol pour Buenos Aires à mon retour de croisière, mettre mon blog à jour... Journée de repos! Même pas eu le temps d'aller voire le match de rugby au pub, mais j'ai suivi sur internet! Départ pour le bateau dans quelques heures, retour prévu le 25 février!