samedi 12 mars 2011

Aventure en voilier sur l'Esprit d'équipe - Partie 2: le canal Beagle




Pour pouvoir passer dans les canaux Chiliens, il faut retourner à Puerto Williams et donner le nouvel itinéraire: que de paperasse et de temps perdu... Il y a des miles à faire, mais l'esprit d'équipe dépasse les 10 nœuds aujourd'hui.







Je passe une bonne partie de l'après midi calée sur les bouts à l'arrière du bateau, sous les gigots!









La navigation est tranquille et tout à coup, la voix de Thierry résonne « Standby au pilote ». La mer et le vent ont décidés de se déchainer avant notre arrivée à Puerto Williams. Les rafales atteindront les 46 noeuds. Le voilier se couche d'un côté, de l'autre. Tout vole dans les cabines. Plus personne ne parle dans le cockpit, de peur de déconcentrer Thierry. Tout est imprévisible ici: le vent et la houle s'arrêtent tout à coup. Arrivée à Puerto Williams, manœuvre pas vraiment réussie, mais on fini par y arriver! Léo et Thierry partent directement faire les papiers pour qu'on puisse partir quand on veut le lendemain.



5 jours passés sur le voilier et je suis toujours surprise par les bruits qui m'entourent: la baume qui claque, le « clac-clac » des winches... Il m'arrive de sursauter quand je suis dans la lune et que ces sons inconnus me sortent de ma rêverie.

Vendredi, on a dit réveil à 7h et je me lève du pied gauche, va savoir pourquoi... Plutôt que de partager ma mauvaise humeur, je pars sous la douche du Micalvi qui me détend de suite. En sortant, Léo m'embauche pour amener le tuyau d'eau jusqu'au bateau. Faut pas faire de bruit pour pas réveiller les équipiers des autres bateaux. Trousse de toilette dans une main, tuyau dans l'autre, je passe d'un voilier à l'autre aussi discrète que je peux.

Grand ciel bleu aujourd'hui et pas de vent. C'est au moteur que nous rejoignons la caleta Olla. En chemin, petite sieste et chocolat chaud avec du vrai chocolat: merci Léo!













Une fois le bateau ancré, nous partons nous balader à terre. Un chemin mène à une cascade, mais nous préférons (= on trouve pas le bon chemin) passer contre la paroi rocheuse. Des trous d'eau un peu partout permettent de tester l'étanchéité de mes chaussures de marche. Une branche pourrie: toute la jambe y passe! On finit tout de même par trouver la rivière et la cascade.


Au retour, on passe de l'autre coté de l'ile, ce qui nous offre un superbe panorama: la caleta d'un côté et le canal de l'autre.



























De retour sur la plage, on retrouve Léo qui a préparé un feu pour un Asado. Un avant-goût du Brésil avec les Caïpirinhas de Thierry. Le beurre de sardine de Carole est juste parfait pour ce petit apéro sur la plage!


Ce soir, je goûte les gigots qui prennent le frais à l'arrière du bateau depuis 2 Cap Horn pour l'un, 1 Cap Horn pour l'autre. Bien qu'on me dise que le gigot ici n'a rien à voir avec celui de France, je n'aime toujours pas... Ça en fait plus pour les autres et je me rattrape sur les pommes de terre cuites dans la braise!
Retour sur l'esprit d'équipe en annexe (= zodiac): 3 mecs à bord et c'est moi qui tire sur la corde pour nous ramener...



Le lendemain matin, le temps est toujours au beau fixe. Il parait que ça n'arrive jamais autant de beau temps d'affilé, on verra! On se prépare pour une balade au pied du glacier. Le premier depuis que nous sommes sur le voilier.



Direction la plage en face du mouillage composée principalement de moules.







Cette fois, on trouve le chemin, mais comme c'est trop facile, on bifurque en cours de route et on se retrouve à flanc de colline: beaucoup plus acrobatique, mais toujours rien de cassé! Aurélien me montre les trous au fur et à mesure: c'est bizarre comme tout le monde remarque tout de suite ma facilité à me casser, tordre... quelque chose!
Un lac précède le glacier, mais j'avoue qu'après les glaciers de Torres Del Paine, je reste sur ma faim, même si la balade est super et le paysage superbe. Et j'apprécie particulièrement de regarder le mouillage de loin.




















Après la balade, on part à nouveau au moteur puisque le vent oscille entre 1 et 8 nœuds... Je suis hyper excitée à l'idée d'approcher les glaciers de près et je ne suis pas déçue! Au fur et à mesure qu'on navigue, les glaciers apparaissent et disparaissent. Les paysages sont magnifiques. Je ne trouve pas les mots pour décrire comment tout est beau et comment la nature me surprend.










































La journée s'écoule tranquillement et on entre dans un bras du canal Beagle: Brazo Pia Este.

Les glaçons, les icebergs sont de plus en plus nombreux et Thierry zigzague pour les éviter. Il nous amène au pied du glacier « los fotografos »: WAHOU! Les photos ne sont malheureusement pas à la hauteur. C'est juste époustouflant: le glacier, les icebergs et le bruit chaque fois qu'un morceau se détache...






















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Demi tour et arrêt au mouillage « esprit d'équipe ». Un petite caleta découverte par Thierry où le voilier tient pile poil. Pendant la manœuvre, je m'occupe de l'aussière tribord. Tout va nickel jusqu'à ce que Thierry me dise de faire un tour mort, une demi-clef et une demi-clef caplée... Oups! Heureusement, il prend le temps de me montrer et j'y arrive à peu près!

Lundi matin, je suis à « la chaine »: ça signifie que je suis coincée dans le voilier et que je m'occupe de ranger la chaine de l'ancre qui est en train d'être remontée. Ça devient ma petite routine du matin! C'est dingue ce qu'il y a comme argile au fond de ces eaux...

On prend la direction du Brazo Pia Oeste et du glacier Guilcher.


Et là, je reste sans voix (oui, oui, j'vous jure, ça m'arrive!): Thierry joue au brise glace avec le voilier et nous amène à 500m du glacier. Ça me suffit, les blocs qui se détachent sont impressionnant et j'ai pas envie d'être plus proche.


















































Seuls au bout du monde, au pied d'un glacier en perpétuel mouvement, on profite du spectacle qui nous est offert. On reste déjeuner et lézarder au soleil devant ce panorama exceptionnel pendant plus d'une heure, le temps pour Thierry de s'apercevoir qu'il manque 200 litres de gasoil... Pourtant les heures moteur sont soigneusement notées, une énigme non résolue.

Aurélien attrape un morceau de glace pour l'apéro de ce soir, mais on l'oublie sur le pont au lieu de le mettre dans nos verres...

Retour dans le Brazo Pia Este en direction de la caleta Beaulieu. En chemin, on croise un cargo de touristes qui accepte de nous dépanner de 60 litres de gasoil après une longue négociation. Arrivés au mouillage, face au glacier, 2 voiliers sont déjà ancrés. Léo et Aurélien partent avec l'annexe vers un voilier Polonais pour essayer de trouver un peu plus de gasoil. Au bout de 15 minutes, ils sont toujours debout dans l'annexe et nous pensons que la négociation est compliquée. Pas du tout, ils étaient en fait accoudés au voilier en train de siroter une vodka gentiment offerte, pendant que l'équipage du voilier leur prépare 140 litres de gasoil!!!! Les problèmes du genre ils connaissent et ils veulent nous aider, même si nous n'avons rien à leur offrir à part nos remerciements chaleureux.

Après un barbecue sur l'esprit d'équipe (lomo vuelta vuelta, tip top!), je pars rejoindre Léo et Aurélien sur la plage pour préparer un feu.

Paradise, voilier charter comme l'esprit d'équipe est arrivé dans la caleta et les équipages des deux bateaux se retrouvent sur la plage autour du feu pour la soirée.



Le retour est chaotique: tout le monde glisse sur les rochers et je m'offre également une chute dans la jupe du bateau: et hop, le tibia!

Le lendemain, toujours du beau temps et pas de vent, ça devient une habitude pour nous, même si c'est exceptionnel ici. Direction Brazo Tres Brazos où nous sommes le seul voilier.
On part à terre pour une super balade. Près du torrent, la vue est déjà très belle.
















Aurélien et moi continuons jusqu'au sommet par un chemin très pentu et je m'inquiète déjà pour le retour, on verra! Les mauvaises langues penseront qu'Aurélien pourrait bien rentrer tout seul... Arrivée au sommet, on découvre un lac magnifique et la vue sur la baie est superbe aussi: une cascade, une petite ile, un seul voilier... paradisiaque!
















Moment de calme au sommet bien mérité avant d'entamer la descente qui sera plus facile que je le pensais. Arrivée en bas, je relâche mon attention et... c'est la chute! Glissade dans la boue, même pas le temps de dire ouf que j'atterris sur les fesses. Rien de cassé, c'est le principal!

On est déjà mercredi et on profite du superbe mouillage dans lequel nous sommes avant de partir vers Yendegaia. Toujours pas de vent, toujours un temps splendide, toujours du moteur! La journée passe vite entre sieste au soleil, lecture et paysages.




























Je découvre la caleta Ferrari, endroit coupé du monde: 3 baraques en tôle, 18 chevaux, 12 chiens, 4 chats... et Anémie et José: elle, Belge partie naviguer pendant 10 ans sur un voilier, puis s'est arrêtée dans cet endroit, amoureuse du lieu et du gaucho; lui gaucho ici depuis 14 ans qui s'occupe des terres d'un riche propriétaire américain qui veut que tout reste en l'état.
















José prépare l'asado, l'esprit d'équipe fournit les victuailles: gigot, boudins, saucisses... Pisco sour et vin rouge pour arroser le tout. La soirée est rythmée par les éclats de rire d'Anémie! Une soirée simple au coin du feu qui se prolonge chez Anémie et José. Une belle soirée et encore une belle rencontre.



Le lendemain, on part à cheval dans le bout de terre de feu de Yendegaia. C'est juste splendide, magnifique, exceptionnel que de pouvoir être là sur un cheval au bout du monde, traverser les rivières et contempler la nature... Mon appareil photo Reflex reste sur le bateau, pas prévu pour ce type d'activité; Merci Aurélien pour les photos.


















Au retour, le groupe se sépare: tranquille d'un côté, galop pour José, Aurélien, Léo et moi. José m'avait prévenu en me donnant mon cheval, Pepeño: « muy rapido ». Effectivement, c'est le plus rapide la bande et il n'aime pas du tout être doublé. Je le frustre un peu car je ne suis remontée qu'une fois depuis mon accident et je cherche à protéger un peu mon dos. Je m'amuse comme une gamine et le sentiment de liberté que je ressent sur un cheval est toujours là.

On desselle, la bride traine par terre et Léo la ramasse en me l'envoyant en plein dans le menton! Ça plus le bleu au genou dû à l'anneau en métal de la bride de l'étrier, tout est normal!...
En attendant le reste du groupe, on discute avec José, mais mon niveau d'espagnol me limite vite. Je comprend maintenant, mais j'ai toujours beaucoup de mal à m'exprimer. Normal avec le vocabulaire d'un enfant de 2 ans...
Au moment de partir, José me dit de revenir quand je veux: se sera avec plaisir si j'ai l'occasion de repartir au bout du monde un jour.

En partant ce matin, le vent était très fort, mais il a molli pendant notre chevauchée. Enfin, nous avons tout de même quelques bonnes rafales, mais l'arrivée sur Puerto Williams se fera au moteur. On a attendu le maximum, mais quand le voilier descend sous les 5 nœuds, Thierry met le moteur en marche.















Arrivés à Puerto Williams, on retrouve Paradise, manœuvre (ratée, la sckoumoune de Puerto Williams), diner puis un denier verre au Micalvi. Dernière soirée ici, demain, retour à Ushuaia.

Une fois les formalités de sortie du Chili réalisées, on part en direction d'Ushuaia. Échange de photos, mise à jour du journal, Carole me dessine une aquarelle superbe, merci! Arrivée à Ushuaia, je retrouve Noël avec plaisir. Pas le temps de trainer, on part à la prefectura faire les papiers d'entrée en Argentine.

Petit tour dans Ushuaia, douche chaude (défi de Blandine réalisée sur le bateau!), internet... 20h, rendez-vous sur le bateau pour l'apéro: nous offrons le champagne pour remercier Carole, Thierry et Léo de ce voyage exceptionnel dans lequel ils nous ont embarqués.
Un voyage dans le voyage où j'ai découvert des paysages que je n'imaginais même pas, rencontrés de belles personnes...

Dernière soirée à Ushuaia dont je profite pleinement. Le départ est dur le lendemain, les yeux sont embués... Premier départ difficile dans mon voyage, quelque part, ça veut dire que tout se passe au mieux!

6 commentaires:

  1. Enormes les icebergs ! Comment ça doit être énorme d'être au pied.
    Enfin on dira ce qu'on voudra, t'es quand même trop c.. de faire encore confiance à un canasson...

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  2. Oui, c'etait top!!! Et les quelques heures sur un cheval aussi... Tu crois que c'est mieux de faire du ski avec une voile de parapente?... Pas sure!

    Sinon, désolé pour ceux qui ont voulu commenté et n'ont pas pu, ca remarche!

    Bisous à tous,
    Marie

    PS: j'essaie d'écrire un post ce soir dans le bus...

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  3. coucou,
    Supers les icebergs !
    Oui j'ai voulu poster (Et j'étais la première !!! ) et çà ne marchait pas.
    j'espère que çà va bien
    Gros bisous

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  4. Super ton récit, Marie. Je revis ces bons moments.

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  5. Coucou Marie
    je découvre ton blog grace au profil FB d'Olive. Je suis super content pour toi que tu concrétises enfin ce voayge.
    Photos magnifiques, récits captivants, tout y est !
    Bises et profites en bien !

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  6. Magnifique récit et superbes photos! J attends le prochain épisode avec impatience. Gros bisous. Isa

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