Comment vous raconter l'expérience que j'ai vécue à bord de ce voilier, l'Esprit d'équipe, les émotions ressenties, les paysages à couper le souffle? Je vais faire de mon mieux pour vous embarquer dans ce voyage dans le voyage...
Le 13 février en fin d'après midi, je débarque avec mon gros sac à dos sur le ponton. Les autres équipiers sont déjà là. Pour ce voyage, nous sommes 8: Thierry et Carole, le skipper et la skipette, Léo, le second qui réalise son rêve en naviguant ici et 4 équipiers en plus de moi: Anne et Jacques, couple de retraités, Lorenzo, retraité également et Aurélien, expat à Buenos Aires. Tous rêvent du Cap Horn, mythique pour les navigateurs.
Premier Pisco Sour sur le bateau, puis on fait connaissance en dinant dans un resto à Ushuaia, puis 1ère nuit à bord: ca bouge un peu pendant la nuit, Thierry sort pendant une heure pour vérifier que tout va bien sur le bateau. Moi, ca me berce et je passe une super nuit! D'autant que Lorenzo et Aurélien ont été galants et m'ont laissé une cabine pour moi toute seule! Quel luxe après les dortoirs et la tente!...
Le voyage commence par de la paperasse: le Cap Horn et les canaux sont Chiliens et Ushuaia en Argentine. On doit donc sortir d'Argentine à Ushuaia et entrer au Chili à Puerto Williams, à quelques heures de navigation.
Première manœuvre au départ d'Ushuaia: enlever les pare-battages et plier la jupe c'est dans mes compétences! Première navigation jusqu'à Puerto Williams: tranquille, j'en profite pour rattraper le retard de mon journal de voyage.
L'arrivée à Puerto Williams est superbe et je découvre les dientes de Navarino... Des montagnes qui pointent vers le ciel comme des canines acérées.
A peine arrivés, direction la douane pour entrer au Chili et déclarer le trajet que nous ferons jusqu'au Cap Horn.
Ensuite, quartier libre dans Puerto Williams, petit village aux maisons de tôles colorées. Des chevaux sont en liberté, mais ils s'écartent dès que j'essaie de les approcher, un peu sauvage.
Premier diner sur le bateau: steak flambés au whisky et pommes de terre sautées: merci Carole! Le voyage sera en partie rythmé par les repas. Quelques menus pour vous faire saliver: centollas, moussaka, tourte aux fruits de mer, poisson au four, lomo au barbecue, asado dans la pampa... Autant dire que je ne risque pas de mourir de faim sur le bateau, et c'est tant mieux!
On fini la soirée par un verre sur le Micalvi. Le Micalvi, c'est un navire Allemand qui est venu livré du matériel en 1914 au début de la guerre. L'équipage est reparti et le bateau est resté. Après avoir longtemps était utilisé par les Argentins, il a été reconverti en ponton à Puerto Williams.
Je profite d'être au port pour prendre une bonne douche chaude et au dodo!
Départ dès que Paradise, le bateau accouplé au notre, a fini ces papiers. Navigation tranquille, on dépasse Puerto Toro, le mouillage initialement prévu pour aller jusqu'à Lenox.
| L'épave de l'EBE |
| Les gigots pour l'asado |
Les dauphins viennent jouer autour du bateau. Il sont 6 ou 7 à sauter d'un coté du bateau, passer de l'autre: ils nous offrent un super spectacle!
Il fait beau, mais on aperçoit un grain au large.: tonnerre, éclairs... Le premier passe au loin, mais le deuxième et le troisième seront pour nous.
Je me cale derrière Thierry qui est à la barre. Ça secoue pas mal, il n'y a pas beaucoup de fond, mais Thierry est super calme, concentré, ça rassure. N'étant pas navigatrice, je me contente de me faire toute petite et je prend les vagues en pleine face: ça fouette! Carole me fait signe de rentrer, je m'exécute. Léo attrape les harnais et gère la manœuvre sous les directives de Thierry.
Aussi vite que cela a commencé, tout se calme et on retrouve les dauphins qui sont toujours auprès du bateau.
Arrivés au mouillage Lenox, seuls des bateaux de pêche sont ancrés. Léo part avec l'annexe pour troquer vin et chocolat contre des centollas. Et ça marche! Comme dit Thierry, avec sa gueule d'ange, ça marche à tous les coups! Les centollas, se sont les crabes géants qu'on ne pêche que dans cette région.
Mercredi, réveil à 6h15: beaucoup trop tôt, on a dit vers 7h!
A 8h, j'entends du bruit du coté de la cuisine: quelqu'un a encore mal rangé la queue de la casserole... Petite routine avant le démarrage de la manœuvre pour le départ. On remonte l'ancre, mais ça se bloque: problème de relai « guideau » il parait... La réparation sera pour plus tard, on se met les un derrières les autres et on fait un peu de gym de bon matin et remontons l'ancre à la main.
Ça secoue ce matin: il fait beau mais il y a des creux et c'est la seule fois où j'aurais un peu le mal de mer, mais rien de méchant. Cela ne m'empêche pas de déjeuner (on m'a dit qu'il fallait manger dans ce cas là) et de faire une sieste. J'en déduit que la mer, ça creuse et ça fatigue!
La mer étant trop mauvaise pour passer le cap Horn aujourd'hui: mouillage au Martial.On part se balader à terre. Évidemment, ce n'est pas balisé et on complique un peu la balade! On finit par une vue magnifique sur les bateaux dans le mouillage.
Ces deux semaines de voilier sont l'occasion d'apprendre un nouveau vocabulaire. Dans le désordre: trinquette, génois, garde, traversière, pare-battages, tour mort, demi-clef, winche...
Jeudi, j'ouvre un œil et découvre un ciel gris et j'entends le vent souffler assez fort. Pas la peine de se lever pour le moment! Pas moyen de passer le cap Horn dans ces conditions, la journée passe tranquillement.
A 17h, branlebas de combat: Thierry nous indique qu'il y a un créneau pour passer le Horn aujourd'hui, le vent a molli, mais il faut partir maintenant. On s'active!
Les dauphins nous accompagne à nouveau et on passe le Horn très calmement. C'est amusant de voir ces soixantenaires, les yeux qui pétillent comme des enfants lorsqu'ils aperçoivent ce caillou mythique. Et que dire lorsqu'ils prennent la barre! Pour moi, ce n'était pas un rêve, mais ça ne m'empêche pas d'avoir les yeux qui brillent aussi lorsque je réalise que j'ai passé les 50emes hurlantes.
Carole nous prépare des toasts au foie gras pour fêter ce passage!
La lumière est belle, je me sens bien sur le bateau: que demander de plus, les glaciers peut-être? Et oui, mon rêve à moi c'est d'aller voir les glaciers avec ce voilier. Maintenant que le Cap Horn est passé, on va pourvoir aller dans les canaux Chilliens et ça aussi, ça fait briller mes yeux rien que d'y penser.
Mais tout d'abord, il faut rentrer au mouillage. 20H, le vent a molli, on range les voiles et on démarre le moteur. 20H45: panne de moteur: le gasoil argentin est de mauvaise qualité et il faut nettoyer les filtres. Aurélien et moi surveillons le cap (enfin, on regarde l'horizon et on vérifie qu'il y a pas un rocher trop près), heureusement, la mer est calme et seul le froid nous incommode.
Il fait nuit quand nous arrivons au mouillage et la lune reste cachée derrière les nuages. Cela n'empêche pas Thierry d'arriver droit sur la tonne.
Et ben alors personne joue!!!
RépondreSupprimerMême a l'autre bout du monde (enfin pas tout à fait encore) c'est que la moitié de l'autre bout du monde, j'arrive à être prem's!!! Petits joueurs et joueuses :D
Top le blog, le voilier ça à l'air bien sympa, hihihih bah oui moi je le sais déjà, j'ai même qq infos supplémentaires sur la suite du voyage!!! Là je suis prem's par KO!!!! ;D
Bon ben prem's de France alors. On se console comme on peut... Enfin en regardant par dessus l'épaule de Marie quand est-ce qu'elle débloque le site, c'est facile !
RépondreSupprimerEnfin moi je rève de bronzer sous les gigots depuis que je les ai vu pendre sur les photos de Marie.
pfff même pô vrai, c'était moi prems si le blog avait bien voulu enregistrer mon commentaire!!!
RépondreSupprimerEn tous cas ça fait rêver toutes ces photos